Organismes à But Non Lucratif en péril…
Frank Zampino explique...

Novembre 2002. Apprenant par le budget municipal pour 2003 l'abandon de la taxe d'affaires la Chambre du Commerce de Montréal a rapidement réagit manifestant "tout particulièrement" son inquiétude quant à l'abandon de la taxe d'affaires…



…
Rapidement la Ville réagit et le 5 décembre 2002 le Président du Comité
exécutif de la Ville de Montréal, monsieur Frank Zampino répond dans un
discours devant une "tribune prestigieuse"

Mr Frank
Zampino
Équipe
Tremblay/Union des citoyens et des citoyennes de l'Île de Montréal
Président du comité exécutif de la Ville de Montréal. Également responsable de
la direction générale, des finances, de la fiscalité, de
l'évaluation foncière
" RÉUSSIR
MONTRÉAL, UNE OBLIGATION COLLECTIVE DE RÉSULTATS "
M. le maire,
M. le président de la Chambre de commerce du Montréal
métropolitain,
Distingués invités de la table d'honneur,
Chers collègues élus,
Membres de la Chambre,
Mesdames et messieurs,
Je voudrais d'abord remercier la Chambre de son invitation à partager cette
tribune prestigieuse (…)
(…) Au niveau du secteur non résidentiel, il n'y aura
aucune hausse du fardeau fiscal global des contribuables en 2003. Plus encore,
50 % de ces immeubles connaîtront une baisse de taxes l'an prochain.
Faux pour les OBNL locataires
exemptés…
plus encore qu'une hausse c'est une nouvelle taxation et une lourde
augmentation de loyers
Cependant, comme vous le savez, notre administration a annoncé l'abolition de la taxe d'affaires qui était toujours perçue
dans dix des anciennes municipalités, dont l'ex-ville de Montréal.
Notre
administration est très sensible aux réactions ainsi qu'aux impacts
qu'entraînera l'application de cette mesure pour les
propriétaires d'immeubles et la communauté d'affaires.
La
"sensibilité aux
impacts" qu'affirme cette administration est absolument sélective.
Élue pour gérer la communauté des citoyens, cette dernière ne se réduit pas a à la communauté d'affaires, ni aux propriétaires
d'immeubles.
Le
"citoyen raisonnable" pense que ses élus, en tant que représentants
de l'ensemble des citoyens se devraient d'exprimer une sensibilité globale.
C'est-à-dire incluant l'ensemble de la population, 100% et non 26%, et ce quelque soit la nature du lieu on l'on s'exprime et quelque soit le
prestige de l'audience à laquelle on s'adresse.

Dans
ce discours, où se trouvent les locataires des immeubles non
résidentiels ?
Échapperaient-ils aux
"impacts" qui exaltent la sensibilité de l'administration municipale ?
Si
l'on vous dit Oui, n'hésitez pas à dire Faux! Archi Faux
Les
locataires voient d'office leur loyer augmenter beaucoup plus que du montant transféré
de la taxe d'affaires.
Les
propriétaires percepteurs "refilent" le montant de la taxe + un certain % de "frais de gestion" (~ 15%), donnant un
total sur lequel, en plus, s'appliquent la TVQ et la TPS.
Certes, ce choix fut difficile. Mais il s'inscrit
clairement dans l'ordre
des choses. Parce que le secteur non résidentiel fait également partie
du contexte de la création de la nouvelle ville de Montréal.
"Choix
difficile", "ordre des choses" ce sont des formules de rhétorique faciles lorsqu'elles ne sont pas
soutenues par des explications claires, cohérentes et complètes. Et la dernière
phrase est une évidence qui n'explique rien.
La
difficulté elle est réelle pour les OBNL, et ils ne l'ont pas
choisie; les voilà taxés avec ce dont il était exempté; une "taxe
d'affaires". Cela n'est certainement pas dans "l'ordre des
choses".
Parce que nous devons, là aussi, harmoniser les mesures fiscales et implanter un système
uniforme de perception. Bien sûr, demeurait l'option d'étendre la taxe
d'affaires à l'ensemble des 27 arrondissements. Toutefois, les tendances et les pratiques observées dans un grand nombre de municipalités, tant au
Québec qu'au Canada, vont dans le sens contraire.
Les
citoyens s'inquiètent d'une administration qui baserait ses décisions sur "l'observation
des tendances et des pratiques des autres municipalités".
Les
citoyens souhaiteraient voir une administration municipale certes ouverte sur
les expériences du reste du Canada mais surtout capable de prendre des
décisions basées sur l'intelligence de la situation propre de la municipalité,
même si ces décisions vont dans le "sens contraire de la tendance".
Il
semble contradictoire de promouvoir l'idée d'une Ville originale capable de briller sur la scène internationale tout en déterminant ses
choix de sorte à s'aligner sur les tendances et pratiques des autres villes… A
moins qu'il y ait d'autres mobiles au-delà des
formules de rhétoriques…
(Voir les pages "Débat à l'Assemblée Nationale")
Le
citoyen raisonnable aurait du mal à accepter l'idée qu'une mauvaise décision
repiquée par beaucoup devrait être suivie par tous parce qu'elle est une "tendance"
générale, et qu'une bonne décision devrait être rejetée parce qu'elle "va dans le sens contraire" de ce que beaucoup d'autres font.
Pour atténuer
les impacts temporaires de ce transfert, nous avons annoncé un certain nombre de mesures dont un programme de
subvention visant à faciliter la transition vers ce nouveau régime fiscal.
Pour
les OBNL l'extinction de l'exemption n'est en rien un
"impact temporaire"
Ce programme de dégrèvement permettra de compenser 100 % de toute hausse de
taxes sur l'immeuble qui serait supérieure à 5 %. De plus, 75 % de la
subvention sera immédiatement appliqué lors de l'envoi du compte de taxes.
Résultat : 93 % des immeubles concernés, dont la valeur foncière est de moins
de 5 millions $, seront automatiquement admissibles à ce programme dès que la
hausse du compte de taxes de l'ensemble de l'immeuble dépassera 5 %.
OBNL inexistant. Locataires d'immeubles non résidentiels
inexistants. Programme pour les exemptés non cité.
De plus, après entente avec le gouvernement du Québec, les propriétaires pourront rouvrir les baux commerciaux à certaines conditions, et dans l'optique de récupérer uniquement l'équivalent de la taxe d'affaires.
Prenez
bien note de deux informations capitales:
1) Tout a été discuté, négocié, entendu et
fixé avec le
gouvernement de Québec.
2) Omission des 15% de frais de
gestion des propriétaires, omission de la TPS et TVQ sur le
total. Omission du gel de la subvention pour les exemptés au taux
de la taxe d'affaires de 2002. Dès
lors comment se maintient l'idée de "
récupérer uniquement l'équivalent de la taxe d'affaires" ?
J'ai pris bonne note, M. le président, de la suggestion de la Chambre de
maintenir pour une période de trois ans les diverses mesures d'atténuation annoncées.
Voilà.
3 ans, puis c'est terminé… Quoi donc? Voyez c'est
dit là…"les diverses mesures d'atténuation annoncées"… De plus le
gouvernement du Québec n'autorise un programme de transition que pour une durée
de 3 ans dès l'instant que la Ville décide d'annuler la taxe d'affaires.
2003
+ 3 = 2006.
(Voir les pages "Débat à l'Assemblée Nationale")
Et les suggestions des OBNL,
êtes-vous aussi prêts à en prendre bonne note ?
En cette période
électorale, il nous faut lire votre programme…
(Voir les pages
"Programmes Électoraux")
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